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Dernière journée sur San Francisco. Va falloir s'activer car il nous reste beaucoup à voir.

On part tout d'abord à la recherche de Twin Peaks (nan, pas la série). On voit en gros quel bus nous y emmène... sauf que sur le plan et en vrai, c'est pas la même. On se retrouve à pied, complètement en contre bas de la route principale. Super... nous v'là partis pour une montée de 45 minutes, raide comme des escaliers. Mais une fois au dessus, quel bonheur !! On domine toute la ville à 360° ! Il fait super beau et super chaud. On reste un moment là haut, le temps de reprendre notre souffle, de se rafraichir avec le vent, et d'admirer la vue... lorsque tout à coup une sirène monstrueuse retentit. On est juste à coté de la sirène... "This is a test test test test...." ca résonne dans toute la ville ! La puissance du truc ! Y'aurait de quoi faire une sacrée rave party ! Il fait super beau, super chaud, et je serais bien restée là plus longtemps. Malheureusement il faut redescendre, d'autres choses nous attendent. La descente est plus facile, mais en pleine cagna, sans eau, ca devient difficile. On attrape le premier bus qui passe et on s'arrête à la frontière du quartier gay, histoire d'acheter une bouteille d'eau dans la première station qu'on trouve.

On continue notre exploration direction Alamo Square. Là-bas, les fameuses "Seven Sisters"... enfin tout dépend comment on compte... moi je n'en vois que 6. De jolies petites maisons, les unes à coté des autres, à la façon de la Belle et le Clochard. Très célèbres car très photogéniques. Du coup nous aussi on les photographie. Plus loin dans le parc, petit arrêt pipi. Et là, autour du bloc, de drôles de petits pots de fleurs... Un peu partout des chaussures d'enfant, des escarpins, des baskets, toutes dépareillées, servent de pots de fleurs à autant de plantes diverses et variées... Bonne idée pour recycler les déchets récupérés dans le parc ! Et là bas, tout au fond du parc, entre deux branches, on aperçoit encore le Golden Gate Bridge... On le voit de presque partout celui là !

Toujours pris par le temps, on ne continuera pas d'avantage dans le petit parc, qui semble pourtant fort agréable. On ne sait pas vraiment où prendre le bus (et lequel) qui pourra enfin nous mener à cette fameuse "crouhouest street". En chemin on croise une femme seule, et on demande notre route. Where are you from ? From

France

!! (cheeeese). La madame, elle, vient de Chicago. Son mari travaille ici, alors elle vient de temps en temps passer du temps vers lui, et du coup elle visite aussi SF. Elle aime aussi beaucoup, surtout le climat. Pas de gelées et pas de neige. Elle demande si en France on a de la neige l'hiver... J'aurais aimé lui montrer le Jura ou le Haut Doubs avec ses sapins sous 2 mètres de poudreuse... Elle est super sympa et nous explique que pour trouver la "Crookedest Street" faut prendre un cable car. Retour donc à Market Street (au centre ville) pour faire la queue au cable car. C'est vraiment folklorique. Tu vois les cable car arriver doucement, les gens accrochés de chaque coté. Tout le monde descend, puis le conducteur met le wagon sur la plate-forme tournante. Un coup de levier pour débloquer la plate-forme, le conducteur et un mécano se mettent à pousser le wagon pour faire tourner la plate-forme et les voilà remis sur les bons rails. On bloque la plate-forme, on charge les passagers, et c'est parti mon kiki ! [ohoh - j'aime ca - quelle grosse marrade !]. La veille je m'étais déjà accrochée sur les cotés, mais c'est pas tellement ma tasse de thé. Le wagon frôle tout c'qui passe... voitures garées le long du trottoir, voitures en contre sens sur la route, ca fait super flipper... Donc moi je reste dans le wagon et Sam s'accroche au bord. Le conducteur ne démarre pas. Il parle à un mec accroché sur l'autre bord, coté route. Le gars fait comme s'il n'entendait pas. Le conducteur gueule un peu plus fort, et les gens commencent à se retourner vers le touriste. Ils lui font des gestes. Alors le gars fait un grand sourire et dit "oui oui " de la tête, genre "oui j'suis un touriste j'suis content d'être là"... Il sourit à fond, mais ca se voit qu'il est un peu mal à l'aise. Il doit se demander pourquoi tout le monde l'a remarqué... (beau gosse)... Jusqu'à ce qu'un autre touriste lui crie "vire ton sac à dos !!! Tu peux pas le garder au dos tu vas te faire accrocher !!!"
Mort... De... Rire...

Bon on arrive au croisement où l'on doit prendre l'autre cable car, celui qui nous mènera jusqu'à cette satanée rue (on peut dire qu'on l'a cherchée celle là !) Alors on nous explique que pour prendre le cable, il faut l'attendre la ou il y a des p'tits drapeaux de la couleur du cable... en plein soleil essayez de faire la différence entre deux sortes de bleu vous... Au milieu de la route, un zébra entouré de bites en plastique. On se dit que ce doit être là qu'il faut attendre le cable, puisque sinon ca nous ferait traverser une voie de circulation, sans passage piéton, pour monter dans le wagon. Alors on attend, les bus et les voitures nous frôlent, on se sent trop en sécurité...

Un cable arrive, ralentit, et le mec se met a nous hurler dessus qu'on a rien à fouttre là, que c'est super dangereux, qu'on est complètement tarés qu'il faut dégager sur le trottoir...
Oui M'sieur ! Pardon M'sieur ! On refera pu M'sieur !
On attend, on attend, toujours en pleine cagna... La chaleur est épuisante. Notre cable arrive enfin. il nous charge. On essaye de compter les rues qui nous séparent de notre bien aimée, mais parfois ca va trop vite, parfois on n'sait plus si on a compté la rue d'avant ou pas, alors au final on n'sait plus où on en est... Puis le cable s'arrête, le chauffeur hurle un truc, et presque tout le monde descend... Ce doit être pour nous !

Perpendiculaire à la rue du cable, une petite rue, tellement pentue qu'on n'en voit pas le bas. Alors on fait comme tout le monde, on s'approche, on essaye de grimper sur un muret, pour faire comme tout le monde et essayer d'avoir LA photo que personne d'autre n'aura... C'est beau la naïveté !

La voilà donc, cette fameuse rue ! Quand on y est, on ne se rend pas compte. Ca paye pas de mine, pas tant que ca en tous cas. Mais maintenant que j'y repense, je trouve ca incroyable ! J'ai vu, et j'ai descendu cette rue (peu de courageux s'y aventurent dans l'autre sens) que des milliers d'yeux ont un jour vu sur leur petit écran. Mais tous ces yeux ne savent pas qu'à droite en descendant, il y a un petit escalier pour les piétons, ils ne savent pas que la rue est faite de petits pavés rouges, il ne savent pas que devant une entrée d'immeuble, un parterre a été recouvert d'une plante qui ressemble à des lentilles d'eau, et qu'elle donne un effet semblable à celui d'un doux tapis vert tendre. Ils ne savent pas non plus que les habitants de cette petite rue voient quotidiennement des centaines de touristes arpenter sans cesse les petites marches devant chez eux. Et le plus formidable dans tout ca, ce n'est pas de prendre LA photo de LA rue lorsque les hortensias sont en fleurs, ni même de régler son objectif de manière à prendre la trainée des phares des voitures qui descendent. Parce que tout ca, on l'a sur carte postale. Le plus formidable, c'est d'avoir vu tous ces petits détails, que ces milliers d'yeux ne verront jamais depuis leur poste de télé.

Bon, il est déjà tard, nous devons poursuivre pour le Golden Gate Park, plus grand, plus beau et plus intéressant que Central Park, nous dit-on. Et en effet, en deux heures de marche, on a parcouru 1/3 de sa surface.

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On commence par le jardin japonais : superbe ! Petit, payant (5$), mais vraiment super sympa, zen attitude. Les écureuils sont toujours présents ! Et malheureusement pour nous, les français, leurs sales mioches et leur arrogance aussi. Ah si j'avais pu tous les balancer à la flotte ! Que les poissons, les crevettes et les homards géants les bouffent !
Il est 17h et le jardin botanique est fermé. C'est dommage car il semblait vraiment intéressant à visiter. On continue notre route, on longe un adorable petit étang et son île aux fraises. Les écureuils sont partout. On continue, un petit cours d'eau longe le parcours pédestre, et se termine en cascade qui se jette dans un autre petit étang.

Plus loin, le territoire des buffles. Impressionnant d'immensité. On se demande un peu ce qu'ils fichent là, vu que ce n'est pas un zoo... mais pourquoi pas. Après lecture de la pancarte, il me semble me souvenir que ces buffles ont été donnés par X organismes pour X raisons, et du coup c'est la ville qui les a pris en charge.

On passe encore devant une autre vaste étendue d'eau. Tout est beau, tout est agréable. On croise des joggeurs et des cyclistes à peu près toutes les 2 min. Seuls, en groupe, je les imagine être sortis du travail, qui se retrouvent ici, avant d'aller boire un verre et manger dans un petit resto du coin... Puis ils rentreront chez eux, peut-être au 20ème étage d'une tour qui donne sur la baie de San Francisco et ses lumières, sur Alcatraz et ses projecteurs... un peu comme dans les films quoi. Mais j'imagine aussi très bien ce parc sous dix centimètres de neige. Il serait magnifique, et pourtant il y a bien peu de chances que ca arrive !

La nuit commence à tomber, et le dernier quart d'heure de marche est moins agréable. On se retrouve dans des sous bois très sombres, on ne voit pas où l'on met les pieds, et même si c'est San Francisco, je n'me sens pas plus rassurée dans ce parc que je ne le suis dans les rues vers chez moi un soir d'hiver... Les malades mentaux et les russes sont partout ! Le FBI aussi :D

Au loin, la silhouette d'un moulin hollandais se découpe sur le ciel bleu sombre. On arrive au bout du parc, près d'un p'tit resto qu'a l'air super sympa ! Retour à la civilisation. Au pied du moulin, un champ de tulipes de toutes les couleurs... extrêmement impressionnant pour un mois de septembre ! Ces américains vraiment !

Et voilà, la journée est terminée, on va reprendre notre bus, au même endroit que les deux soirs précédents bizarrement, là où étaient les joueurs de djembés la veille, le long du pacifique... Rien que d'entendre ce petit bout de phrase "le long du pacifique", ca me fait encore rêver...